« GOING HOME WITHOUT MY SORROW […]
GOING HOME TO WHERE IT’S BETTER THAN BEFORE »
– Leonard Cohen

 

C’est avec un immense plaisir, et une certaine fébrilité, que je vous propose ma première saison à titre de directeur artistique de La Bordée, ce formidable théâtre que j’aime et dont je veux inscrire l’action au cœur de notre vie et de nos préoccupations.

 

Quand on prend le pouls du monde, à la télévision, dans la presse, sur Internet, on ne peut s’empêcher d’être inquiet pour la planète, pour nos enfants, pour l’avenir. Le pire nous est toujours présenté, nous laissant avec un sentiment d’impuissance.

 

Comment le théâtre peut-il parler de ce monde sans ajouter de l’angoisse à l’angoisse, de la noirceur à la noirceur ? En y opposant le meilleur. Parce qu’il existe. Il existe dans des milliers d’actions quotidiennes, dans des milliers d’initiatives de personnes de bonne volonté qui ne sont jamais relevées nulle part. Le meilleur côtoie toujours le pire, nous en avons été témoins lors de l’élan de solidarité qui a suivi les événements de la grande mosquée de Québec.

 

Pour cette première saison, j’ai voulu miser sur le meilleur. Et s’il y a un mot qui m’a guidé dans mes choix, c’est celui de bienveillance. Bienveillance envers tous ces personnages dont nous vous raconterons les histoires. Je vous invite à les écouter, ces histoires, à les regarder et à les ressentir avec la même compassion, la même tendresse dont les auteurs ont fait preuve en les écrivant.

 

Aller au théâtre, c’est s’engager à s’ouvrir au drame de l’autre, dans le partage de notre humanité commune. C’est à cela que je vous convie, à cette grande fête émouvante qu’est, pour moi, le théâtre.

 

Pour reprendre l’idée de Leonard Cohen, j’ai souhaité, en préparant ma saison, que vous sortiez de La Bordée avec un peu moins de poids sur les épaules que lorsque vous y êtes entrés, et que vous retourniez chez vous en vous sentant mieux qu’avant.

 

Amicalement,

 

MICHEL NADEAU