Bonjour à vous tous, amis de La Bordée!

 

C’est avec un immense plaisir que je m’adresse à vous aujourd’hui, en mesurant tout le privilège – et la responsabilité! – que j’ai, de diriger ce formidable théâtre.

 

Depuis sa fondation, en 1976, à travers ses quatre directeurs artistiques, Claude Binet, Jean-Jacqui Boutet, Jack Robitaille et Jacques Leblanc, La Bordée a toujours eu pour objectif de faire un théâtre populaire, accessible à tous, chaleureux, où le plaisir ne renie pas la réflexion, et c’est avec enthousiasme et fierté que je poursuivrai dans cette voie, avec ma propre couleur.

 

Nous avons pignon sur rue dans l’un des quartiers les plus dynamiques et les plus stimulants de la ville de Québec. On ne compte plus le nombre de nouveaux commerces qui ont ouvert leur porte depuis quelques années, les activités artistiques y sont très nombreuses, une foule curieuse, animée, colorée et à l’affût de nouveautés déambule chaque jour dans ce quadrilatère, et La Bordée veut être partie prenante de cette vie qui bat, en phase avec les occupations et préoccupations des gens qui y vivent : un théâtre au cœur de la Cité, de cette belle et dynamique ville qu’est la nôtre.

 

C’est ce désir que j’ai pour La Bordée : faire un théâtre qui parle des enjeux que vivent les gens et de la ville où il est situé. Les Tragiques grecs parlaient des guerres qu’Athènes livrait à ses ennemis, Shakespeare parlait des rois anglais, Goldoni inventoriait tous les corps de métier de son époque, Tremblay parlait du Plateau de son enfance; c’est cela pour moi un théâtre populaire : un théâtre en phase avec son lieu et son époque; un théâtre, non pas local, mais singulier, ce qui est la meilleure façon de toucher à l’universel; un théâtre ancré dans la réalité jusqu’à la poésie; un théâtre engagé profondément dans l’humanité.

 

Voilà, en quelques mots. Mais nous aurons l’occasion de nous reparler au fil de la saison, jusqu’à ce que je vous présente la mienne au printemps.

 

D’ici là, savourons celle que Jacques Leblanc nous a concoctée pour ce quarantième anniversaire.

 

Salutations cordiales,

 

Michel Nadeau